La société est une entité juridique qui dispose d’une personnalité morale, c’est-à-dire qu’elle a sa propre existence juridique (capital social, dénomination sociale, siège social, etc). Elle peut signer un bail commercial, embaucher des salariés et possède un patrimoine distinct de celui de ses associés. Elle est représentée par un dirigeant (un gérant ou un président) qui exerce l’activité.
L’intérêt de créer une société est de limiter la responsabilité du professionnel et de ses associés aux apports réalisés lors de la constitution de la société. Elle permet ainsi de protéger le patrimoine personnel de chacun.
La création d’une société nécessite la réalisation de différentes formalités comme la rédaction de statuts, le dépôt d’un capital social qui peuvent être coûteuses. Par ailleurs, la société doit respecter différentes obligations comptables (tenue et dépôt de comptes annuels, convocation des associés aux assemblées générales (AG), tenue d’AG pour toute modification des statuts de la société, etc).
Le CPI peut constituer une société sous l’une des formes juridiques suivantes :
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: tous les associés de cette société doivent être des CPI ou des personnes ayant les qualifications requises pour être inscrite sur la liste des conseils en propriété industrielle et demandant son inscription au plus tard en même temps que la société. En effet, celle-ci est constituée sous la condition suspensive de son inscription sur la liste des conseils en propriété industrielle.
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Société d’exercice libéral (SEL) : cette société permet aux membres des professions libérales réglementées d’exercer leur activité sous forme de sociétés de capitaux (SARL, SAS, SA, SCA). Elle présente toutefois des particularités, imposées par la nature réglementée de la profession.
Attention
Les CPI doivent détenir plus de la moitié du capital social et des droits de vote de cette société.
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Société pluri-professionnelle d’exercice (SPE) : permet l’exercice en commun des professions suivantes : avocat, avocat au Conseil d’État et à la Cour de cassation, commissaire de justice, notaire, administrateur judiciaire, mandataire judiciaire, commissaire aux comptes, expert-comptable et géomètre-expert. Deux exigences doivent être respectées : un des associés doit être CPI, et un CPI, associé ou salarié, doit siéger au conseil d’administration ou au conseil de surveillance.
Le CPI peut également choisir de créer une société d’une autre forme juridique, comme une société commerciale (SA, SAS, SARL).
Dans ce cas, il faut respecter les 3 conditions suivantes :
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Le ou les dirigeants ont la qualité de Conseil en propriété industrielle (président du conseil d’administration, directeurs généraux, membres du directoire, directeur général unique et gérants ainsi que la majorité des membres du conseil d’administration ou du conseil de surveillance).
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Les conseils en propriété industrielle détiennent plus de la moitié du capital social et des droits de vote.
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L’admission de tout nouvel associé nécessite l’agrément préalable du ou des dirigeants.
Même lorsque le CPI exerce sous la forme d’une société commerciale, son activité n’est pas une activité commerciale.
Régime fiscal
Les bénéfices réalisés par la société sont en principe soumis à l’impôt sur les sociétés (IS). Pour certains types de sociétés, les associés peuvent opter pour l’impôt sur le revenu (IR). Dans ce cas, les bénéfices réalisés sont déclarés en tant que BNC dans la déclaration d’impôt sur le revenu.
Protection sociale
La protection sociale du dirigeant de société varie en fonction du type de société choisie. Le dirigeant d’une EURL ou d’une SARL majoritaire (plus de 50 % des parts sociales) est considéré comme un travailleur non salarié (TNS) et doit cotiser à l’Urssaf sur le revenu d’activité indépendante ou sur une base annuelle minimale.
Le dirigeant d’une SAS, SASU, SARL minoritaire ou égalitaire (moins de 50 % des parts sociales) est considéré comme un travailleur assimilé salarié. Il relève du régime général de la sécurité sociale. Il bénéficie d’une protection sociale très proche de celle d’un salarié. S’il ne se verse pas de salaires, il n’a pas à payer de cotisations sociales. Il n’a donc toutefois pas de droits ouverts (retraite, indemnités maladie, etc.).
À noter
En cas d’exercice sous la forme d’une société, chacun des CPI doit être inscrit sur la liste des conseils en propriété industrielle (CPI) dressée par le directeur général de l’Inpi, mais également la société elle-même.