Le mineur peut être placé sous le régime de la tutelle dans l’un des cas suivants :
Dans quelles sociétés le mineur peut-il être associé ?
Le mineur sous tutelle peut devenir associé d’une société dans lesquels les membres n’ont pas le statut de commerçant.
C’est le cas pour les situations suivantes :
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Associé d’une société à responsabilité limitée (SARL)
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Associé d’une société anonyme (SA)
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Associé d’une société par actions simplifiée (SAS)
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Associé d’une société civile immobilière
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Associé commanditaire d’une société en commandite simple (SCS)
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Associé commanditaire d’une société en commandite par actions (SCA)
À noter
Le mineur sous tutelle ne peut pas avoir le statut de commerçant. Il ne peut donc pas être associé d’une SNC ou associé commandité dans une SCS ou une SCA . En effet, dans ces formes de sociétés, les associés ont obligatoirement le statut de commerçant.
Les parts sociales ou actions sont souscrites en son nom par son tuteur.
Le mineur sous tutelle ne peut pas voter personnellement. La personne qui peut voter pour le compte de l’associé mineur dépend de nature de la décision :
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Si la décision constitue un acte de disposition, le tuteur vote après avoir préalablement obtenir l’autorisation du conseil de famille .
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Lorsqu’il s’agit d’un acte d’administration, c’est le tuteur qui vote directement.
Savoir quels sont les actes d’administration et de disposition
Les actes d’administration concernent la gestion courante, c’est-à-dire les actes d’exploitation (signature d’un bail, travaux d’entretien d’un bien).
En revanche, les actes de disposition modifient le contenu et la valeur du patrimoine, pour le présent ou l’avenir. Il s’agit notamment des actes suivants :
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Reprise des apports
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Modification des statuts
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Prorogation et dissolution du groupement
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Fusion, scission, apport partiel d’actifs
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Agrément d’un associé
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Augmentation et réduction du capital
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Changement d’objet social
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Emprunt et constitution de sûreté
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Vente d’un élément d’actif immobilisé
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Aggravation des engagements des associés.
Comment le mineur devient-il associé ?
Le mineur devient associé lorsque le tuteur (après avis du conseil de famille ou du juge des tutelles) effectue un apport au capital social de la société. En contrepartie de cet apport, le mineur reçoit des actions ou des parts sociales.
Ces apports sont effectués soit en numéraire soit en nature.
L’apport en numéraire :
Il correspond au versement d’une somme d’argent lors de la création d’une société. Le mineur devient ainsi associé ou actionnaire de la société.
Le tuteur doit demander l’avis du conseil de famille avant de réaliser un apport en numéraire au nom du mineur. Lorsque le montant de l’apport est inférieur ou égal à 50 000 € , l’autorisation du juge des tutelles peut remplacer celle du conseil de famille.
L’apport en nature :
Il peut avoir l’une des formes suivantes :
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Apport d’immeuble ou de fonds de commerce : le tuteur doit obtenir l’autorisation du conseil de famille. Si cela n’est pas possible, le juge des tutelles peut autoriser l’apport. Si la valeur du bien est inférieure ou égale à 50 000 € , l’autorisation du juge des tutelles peut remplacer celle du conseil de famille.
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Apport d’instruments financiers (actions, obligations, etc.) . Les règles sont différentes selon le type d’instruments financiers :
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Apport d’instruments financiers non admis en négociation sur un marché réglementé : le tuteur doit demander l’autorisation du conseil de famille. Si cela n’est pas possible, le juge des tutelles pourra autoriser l’apport. Si la valeur du bien est inférieure ou égale à 50 000 € , l’autorisation du juge des tutelles peut remplacer celle du conseil de famille.
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Apport d’instruments financiers admis en négociation sur un marché réglementé : le tuteur doit demander l’autorisation du conseil de famille. Si cela n’est pas possible il doit demander l’autorisation du juge des tutelles. Le tuteur peut agir seul si l’apport n’impacte pas de façon importante la valeur du patrimoine du mineur, ses droits ou son mode de vie.
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Apport d’autres biens (objets précieux, parts sociales, biens meubles d’usage courant, etc.) : le tuteur doit demander l’autorisation du conseil de famille. Si cela n’est pas possible, il doit demander l’autorisation du juge des tutelles. Le tuteur peut agir seul si l’apport n’impacte pas de façon importante la valeur du patrimoine du mineur, ses droits ou son mode de vie.
En contrepartie de cet apport, le mineur reçoit des parts sociales ou actions.
Référence : Code civil : article 387-1
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/section_lc/LEGITEXT000006070721/LEGISCTA000031322812/
Référence : Code civil : article 505
https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000045277022
Référence : Décret n°2008-1484 du 22 décembre 2008 sur les actes de gestion du patrimoine des personnes placées en curatelle ou en tutelle
https://www.legifrance.gouv.fr/loda/id/JORFTEXT000020017088