Dépôt d’une consignation
Après le dépôt d’une plainte avec constitution de partie civile, le juge d’instruction vous demande de verser une somme d’argent appelée consignation. Le juge fixe le montant de cette consignation en fonction de vos revenus dans une ordonnance.
La consignation doit être payée dans un délai fixé par le juge. Si ce délai n’est pas respecté, la plainte est déclarée non-recevable.
Si vos revenus sont modestes, le juge peut vous dispenser de verser une consignation.
Dans le cas où vous bénéficiez de l’aide juridictionnelle totale ou partielle, vous n’avez pas de consignation à verser.
Cette somme vient garantir le paiement d’une éventuelle amende prononcée dans le cas où la plainte s’avérerait abusive (par exemple, faits inventés). Cette amende est de 15 000 € maximum.
Dans les autres cas, la consignation est rendue à la fin de l’enquête, qu’il y ait ou non un procès.
Transmission au procureur
La plainte est ensuite transmise par le juge d’instruction au procureur de la République pour qu’il donne un avis appelé réquisitions.
Avant de prendre ses réquisitions, le procureur de la République peut demander au juge d’instruction un délai supplémentaire de 3 mois pour permettre la poursuite de l’enquête.
S’il estime que la plainte n’est pas suffisamment motivée ou justifiée, il peut demander au juge d’instruction de vous auditionner en tant que partie civile. Vous pouvez apporter au juge toutes pièces utiles à l’appui de votre plainte.
Dans ses réquisitions, le procureur de la République peut demander au juge d’instruction d’ouvrir une information judiciaire. Il peut aussi lui demander de pas prendre en compte la plainte ( refus d’informer ) par exemple, s’il estime que les faits ne constituent pas une infraction.
À noter
Lorsque le procureur prend des réquisitions de refus d’informer, il doit vous avertir que vous pouvez utiliser la procédure de citation directe pour faire convoquer le suspect devant le tribunal.
Décision du juge d’instruction et voies de recours
Le doyen des juges d’instruction peut décider de suivre ou de ne pas suivre les réquisitions du procureur de la République.
Le juge peut vous entendre de sa propre initiative ou à la demande du procureur.
Si une information judiciaire est ouverte, un juge d’instruction est désigné pour être chargé d’enquêter.
Si le juge refuse d’ouvrir une information judiciaire, il prend une ordonnance de refus d’informer. Tel est le cas si les faits dénoncés ne constituent pas une infraction pénale ou s’ils n’ont manifestement pas été commis. En cas de refus d’informer, l’enquête n’est pas lancée.
Vous pouvez faire appel de la décision de refus d’informer dans les 10 jours suivant la notification de cette décision. L’appel se fait par une déclaration au greffe du juge d’instruction ayant prononcé la décision. Cette déclaration est signée par vous ou votre avocat et par le greffier.
C’est la chambre de l’instruction de la cour d’appel qui examine les recours sur les décisions de refus d’informer.
À noter
Si le juge d’instruction refuse d’ouvrir une information judiciaire, la personne visée par la plainte peut vous poursuivre pour dénonciation calomnieuse et demander le versement de dommages-intérêts.